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/La création de l'Office Public d'habitation de Clamart
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L'Office Clamartois a été créé en 1949, à la demande du Conseil municipal, pour répondre principalement à la demande des jeunes familles avec enfants domiciliées chez leurs parents, supprimer les nombreux immeubles insalubres situés sur la commune et loger les employés des industries du secteur.
Mais pas seulement. En créant des logements supplémentaires sur le Petit Clamart, la Municipalité pouvait enfin aménager ce quartier de 5 700 habitants, qualifié à l'époque de " complètement isolé ".
Le journal officiel du 11 octobre 1949 n'est pas très bavard sur le contexte de la création de l'Office Clamartois. En deux lignes, on apprend que " Par décret en date du 25 août 1949, il est créé un office public d'habitation à bon marché à Clamart. " et qu' " Est approuvée la délibération en date du 19 décembre 1947 par laquelle le conseil municipal de Clamart a décidé l'attribution à cet office d'une dotation d'un million de francs payable en cinq annuités de deux cent mille francs chacune. "
Le décret est signé par Henri Queille, Président du conseil des ministres, par Paul Ramadier, Ministre de la Défense et Ministre de l'intérieur par intérim, mais surtout par Eugène Claudius-Petit, Ministre de la reconstruction et de l'urbanisme.
La signature d'un grand Ministre du logement
Eugène Claudius-Petit (1907-1989), fils de cheminot, résistant, participera à de nombreux gouvernements de la IVème République et aura le poste de Ministre de la reconstruction et de l'urbanisme de septembre 1948 à janvier 1953.
Eugène Claudius-Petit, Ministre de la reconstruction et de l'urbanisme.
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Cet homme jeune, il a 41 ans en 1948, défend une politique prioritaire et massive de construction de logements et non une politique de reconstruction à l'identique : " Un pays qui reconstruit, dit-il, est un pays qui regarde le passé, nous devons construire, et donc nous tourner désormais vers l'avenir. "
Dans son combat pour l'égalité face au logement, il parvient à faire admettre que la question du logement ne concerne pas seulement les français les plus pauvres mais bien l'ensemble des catégories sociales. C'est ainsi que les habitations à bon marché (les HBM) deviennent en 1950, les habitations à loyer modéré, les HLM. La vocation des Offices est élargie selon les souhaits du Ministre.
Pour le logement, l'année 1949 ne sera pas seulement l'année de la création de l'Office Clamartois mais aussi celle de la création, sur l'initiative de l'abbé Pierre, de la Communauté d'Emmaüs. L'abbé Pierre va ensuite beaucoup contribuer à sensibiliser les français à la question du logement des exclus.
Alors, pourquoi le conseil municipal de Clamart a souhaité ardemment la mise en place d'un Office de logement sur la commune?
En quoi la création de l'Office Clamartois est conforme aux idées avancées pour l'époque du Ministre Eugène Claudius-Petit ?
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C'est un rapport au Ministre pour la construction de la cité de la Plaine, signé de Maurice Couette, Maire de Clamart de 1947 à 1955, Président de l'Office, daté de 1950, qui en donne l'explication.
En voici les points principaux.
Des objectifs précis
Le rapport énumère des objectifs à la création de l'Office. Ils sont au nombre de trois :
Assurer un logement aux nombreux ménages, parfois avec enfants, domiciliés avec leurs parents.
Supprimer progressivement les immeubles insalubres.
Répondre en partie aux demandes de logements des personnels des industries installées dans les communes voisines de Clamart.
Ils correspondent parfaitement bien aux besoins perçus par la municipalité au surlendemain de la seconde guerre mondiale et au début d'une période de forte croissance économique que l'on appelle les " trente glorieuses ".
Répondre aux besoins en logements
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Maurice Couette, Maire de Clamart de 1947 à 1955, Président de l'Office.
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En 1950, de nombreuses familles avec enfants rêvent d'habiter dans un logement décent.
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Au 31 décembre 1949, la commune de Clamart avait enregistré 972 demandes de logements dont 188 fonctionnaires mutés, 121 familles nombreuses, 415 jeunes ménages avec enfants, 190 anciens prisonniers ou déportés…
Clamart comptait également en 1949 un nombre important de taudis. 428 logements insalubres abritaient 1 140 personnes
Les besoins pour les personnels de l'industrie étaient estimés entre 300 et 500 logements. Ce chiffre correspondait d'ailleurs à une estimation raisonnable de la participation financière des industriels pour équilibrer le budget de la construction de 1 500 logements.
La demande touchait bien de nombreuses catégories de salariés.
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Permettre aussi d'aménager le Petit clamart
Pour la municipalité de Clamart, la réalisation de logements sociaux sur le haut de la commune permettait également de résoudre les problèmes de cette partie de la ville dépourvue d'équipements et de services publics mais aussi de transports en commun. A l'époque, le quartier du Petit Clamart comptait 5 700 habitants. En construisant des logements supplémentaires, la municipalité pouvait créer ou demander d'améliorer les locaux scolaires, des transports publics, un marché, une poste, une salle des fêtes, des travaux d'assainissement, etc.
Le Plateau avant les constructions nouvelles : un quartier complètement isolé / La construction des premiers logements de l'Office à La Plaine.
Une volonté affirmée de loger les Clamartois
Les intentions de la création de l'Office sont particulièrement bien résumées dans la conclusion du rapport : " … il convient d'insister sur le fait que l'Office Municipal de Clamart entend poursuivre avec opiniâtreté une politique du logement basée sur l'intérêt communal. Il entend réserver les nouveaux logements aux personnes domiciliées à Clamart ou à celles qui travaillent dans les communes limitrophes. Ce faisant il est néanmoins convaincu d'agir en conformité avec les intérêts bien compris des collectivités supérieures. En effet, décongestionner des locaux surpeuplés, permettre la démolition des taudis par la construction d'immeubles de remplacement, éviter à un grand nombre de pères de famille de longs et coûteux déplacements journaliers, c'est favoriser une meilleure " économie humaine ".
En une poignée d'années, les financements sont trouvés, les terrains achetés, le plan de construction de la cité de la Plaire adopté et la première tranche de travaux réalisée.
Et c'est en 1954 que les 239 premiers logements sont mis en location.
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